Donnerstag, 5. Februar 2009

Warum mit dem Esel...

Und der Esel... Welche seltsame Idee, mitten durch Spanien zu gehen, den historischen Pilgerweg mit einem Esel zu machen... Das ist auch eine lange Geschichte...
Zuerst ist der Esel ein symatisches Tier mit einem rührenden Kopf, zu dem die Kinder spontan kommen, um es zu streicheln. Er ist weniger voluminös als sein Vetter das Pferd und scheint, wenn man auf die Züchter hört, viel sanfter und intelligenter zu sein.
Einige Schriften hatten mich in der Idee bestätigt, dass mit einem Esel zu reisen interessant sein konnte. Ein Reisender zu Fuß, seinen Esel ziehend wird notgedrungen sympatischer als ein nur mit seinem Rucksack bekleideter Wanderer, den man mit einem Landstreicher verwechseln könnte, der sich nur er einige Tage nicht rasiert hat. Schauen Sie nicht mit Verachtung auf die riesengroße Wanderschar ohne Esel da, zu denen ich gewöhnlich gehöre und die ich zutiefst respektiere.
Um so mehr, da sich die Wanderwege, wenn sich alle Wanderer aus Frankreich, Navarra und Kastillien aufmachten, Eselchen hinter sich herzuziehen, schnell unerträglich würden.
Vor allem, dass die Hälfte der Tiere aus Eseln und die andere Hälfte aus Eselinnen besteht, die logischerweise keine Lust haben, demselben Pfad zu folgen wie ihr Herr und die mit Recht denken, dass der Fortbestand der Art wichtiger ist als die Wallfahrt nach Santiago de Compostella.
Man bemerkt sehr oft eincharakteristisches Ereignis, daß eine Person, die sich Kontakt mit einem anderen Menschen wünscht, sich oft an jemanden wendet, der von einem Hund begleitet wird. ("Das ist aber ein schönes Tier..."), oder von seinem Kind ("was für ein niedliches Baby haben Sie!"). Aber ich kann weder ein Baby, noch einen Hund bitten mein Bündel zu tragen, warum keinen Esel, der meine mediale Unterschrift während dieser Reise sein wird? "Du weißt, das ist der dumme Vendée-Bewohner, mit seinem Esel..."
Glaubt nicht, dass ich der einzige Pilger war, der diese urige Idee hatte. Bevor moderne Wanderer die Wege bevölkerten, war der Rücken eines Esels der einzige bekannte Gepäckträger...In unserer Epoche, einige setzen die Tradition fort, entweder ihre körperliche Verfassung verbietet ihnen eine Wanderung mit einer Tasche auf dem Rücken, oder ganz einfach aus Vergnügen, einen vierbeinigen Freund zu haben.
Geneviève Dubosq, ein mutiger Normanne, der in den sechsziger Jahren nach Palästina zu Fuß gegangen ist, um für die Erfüllung eines Wunsches nach der Heilung ihres Sohnes zu danken, wurde von einem Esel begleitet, der sein Gepäck transportierte. Ein Tier ist übrigens ziemlich charakteristisch für Herren. Geneviève, der seine Tasche nicht selbst tragen kann, schien jedoch mit dieser Gesellschaft sehr zufrieden gewesen zu sein.

Le livre qu'elle a écrit suite à son périple de 6.000 kilomètres, "Et Dieu sauva mon fils", aux éditions Robert Laffont, est un monument de renseignements sur le caractère et les manies équidé qui n'apprécie pas outre mesure les pèlerinages. C'est aussi un récit extraordinaire qui allie l'humour et le sacré, et qui rejette les frontiéres de l'impossible toujours au-delà de l'horizon. C'est également un merveilleux témoignage d'amour, et je salue ici Geneviève, que j'ai eu le plaisir de rencontrer, pour son courage physique et moral, qui m'a soutenu au long de ce périple.
Robert Louis Stevenson, écrivain britannique du siècle dernier, avait parcouru la Cévene avec une ânesse, du nom de "Modestine". Tous les Anglais rencontrés sur le chemin s'adresseront d'ailleurs à mon âne en L'appellant par ce nom.
Guy Duffroy, originaire du nord de la France, a décidé, lui, d'effectuer en 1989 l'intégralité des quatre chemins principaux de Saint-Jacques, dont les départs sont Paris, Vézelay, Le Puy-en-Velay et Saint-Gilles-du-Gard. Son pèriple de neuf mois s'est effectué avec un âne nommé "Ramire", du nom d'un Roi d'Aragon, et son histoire est racontée dans un fort bel ouvrage des éditions Albin Michel, "Voyage avec mon âne sur les chemins de Compostelle". Guy a connu aussi les affres de l'incertitude et de la colère lorsque sa bête avait décidé contre le monde entier qu'elle ne passerait pas sur un pont ou qu'elle ne franchirait pas tel passage à niveau ou tel qué. Mais il insistait également sur la compagnie chaleureuse que procurait son âne, et sur les innombrales bêtises que celui-ci ne cessait d'inventer pour faire l'intéressant. Son principal regret au cours de cette pérégrination aura été de ne pouvoir franchir les Pyrénées avec Ramire pour cause de peste équine dans la péninsule ibérique.
Guy Bonhoure, qui habite Meudon-la-Forêt, dans la région parisienne, s'est retrouvé pré-retraité voici quelques années. Ayant lui aussi décidé de partir sur les chemins de France avec un âne, il a parcouru en quatre ans plus de 5.000 kilomètres. Guy a eu la gentillesse de m'exposer ses boires et ses déboires sur la conduite des ânes, et m'a surtout fait partager l'immense affection qui l'unissait à son compagnon aux longues oreilles.
J'avais également lu l'histoire d'un couple du Jura, la famille Papigny, partie marcher 18 mois autour de la France avec Grisou et leus deux petits enfants. Ils en ont d'ailleurs tiré un livre qui est un merveilleuse étude ethnologique sur la France profonde. Leur âne était hongre, c'est-à-dire qu'une savante opération l'avait privé des deux attributs de sa masculinité. Cette privation de jouissance ne l'empêchait d'ailleurs pas d'avoir un caractère de cochon, et de tout inventer pour rendre la vie impossible à ses patrons.
Partir avec un sac à dos impique de ne porter qu'un minimum d'affaires, et de faire une sélection draconienne parmi tous les objets. Or nous ne parlons pas ici d'une randonnée d'une semaine, mais d'un voyage de 70 jours... Je souhaitais aussi, pour différentes raisons, garder mon indépendance, donc dormir sous la tente et préparer moi-même les repas, ce qui impique du poids supplémentaire. On un baudet peut porter jusqu'a 100 kilos sans protester. Et je n'ai pas diable besoin d'un tel poids... 40 kilos seront un maximum, permettant une plus grande autonomie, un matériel plus performant, un appareil photographique bien équipé, un ravitaillement en nourriture plus large, évitant les détours continuels dans les villages pour y quérir le morceau de saucisson ou le demi-pain qui manquent. Il faut naturellement ajouter quelques kilos de grain pour la bourrique elle-même.
Une autre raison qui me fait pencher pour le voyage avec un baudet est que le ravitaillement devient véritablement un problème en randonnée, car la plupart des bourgs et hameaux de la campagne française ont perdu leurs petits commerces. L'épicier, le boulanger, le charcutier ont baissé un automne définitivement leur rideau, après que l'école et le presbytère eurent montré le mauvais exemple.
Tous les randonneurs savent par expérience que les topo-guides qui décrivent un itinéraire sont toujours en retard par rapport à la réalité. Et comme, une fois la colère passée, aucun d'entre eux ne songe à signaler la disparition de tel ou tel commerce aux auteurs du topo-guide, celui-ci devient de plus en plus faux d'année en année.

Quand vous lisez dans le guide "Ravitaillement possible à l'épicerie "Chez Mélanie", à côté de l'église, soyez sans illusions... La pauvre épicière a sans doute rejoint ses ancêtres de l'autre côté de l'église, dans un coin du cimetière, ou bien alors elle a pris sa retraite depuis cinq bonnes années. Et vous complez avec désespéance une enseigne "Banania" des années cinquante, un volet de fer rouillé, et les rues mortes d'un village quasi abandonné.
Vous vous dites alors que la poche à bouffe sone le vide, qu'il reste seulement un quignon de pain et une soupe au pistou, et que, à la toute dernière extrémité, vous pourrez toujours grgnoter les courroies de cuir du sac à dos, comme les chiens de traîneau de l'Arctique. Ne restent plus que deux solutions: se serrer la ceinture sur vingt kilomètres, jusqu'au prochain bled qu'on rencontrera le lendemain à la même heure, ou bien demander dans une des rares maisons encore habitées s'il ne dormirait pas par hasard, sur une étagère, un fond de paquet de nouilles ou un morceau de pain, qu'on est prêt a payer son juste prix.
Bref, ce genre d'impondérables n'est pas précisément pour mettre de bonne humeur. Tous les diététiciens vous diront qu'il est bon pour la santé de jeûner 24 heures de temps à autre, mais ces individus-là n'ont jamais avalé vingt kilomètres de sentiers qui grimpent, descendent, et regrimpent encore, avec un quignon de pain derrière la dent, et un sac sur le dos..., tout ça parce qu'on bouqin, censé décrire les points de ravitaillement, n'est plus à jour.
Mais le pire de tout, lorsqu'on arrive à pied dans un village où on a prévu de se ravitailler, ce n'est pas la vision désespérante des épiceries mortes... Non, il y a pire, plus subtil dans la torture: certains hameaux sont encore visités par des camions ambulants, qui passent deux fois par semaine, le mardi et le vendredi, à 11 heures, délivrer aux populations isolées le baril de lessive et la tranche de jambon. Le commerçant reste un petit part d'heure, distribue ses prébendes, jacasse les nouvelles avec les clients mystérieusement sortis des maisons mortes, et repart vers d'autres moribons de la France profonde.
Et que le grand Saint Christophe, patron des voyageurs, me transforme en cornet à glace si je mens, que se passe-t-il pour le randonneur moyen, qui ne possède plus qu'un croûton de pain? Eh, bien, il arrive dans le village toujours vingt secondes après le départ du véhicule... Il s'enquiert poliment auprès de la brave paysanne de l'endroit béni où elle vient de quérir la poche pleine de victuailles qu'elle porte à la main.

Et cette brave femme hilare de lui montrer le cul de la camionnette en ajoutant: "Vous n'avez vraiment pas de chance... Le voilà justement qui s'en va. Mais il revient vendredi, si vous pouvez attendre..."
Bien sûr, elle a raison, la dame, en divisant le croûton de pain en trois, on peut tenir trois jours sur le bord d'une route... Et le marcheur court après le traître, fait des signes, s'eclaffe, jure, pétaude, maudit, insulte..., et compemple avec une lueur de meurtre au fond des yeux, le ravitaillement qui s'éloigne dans une poussière de mépris...
Bon, c'est vrai que tout n'est pas aussi noir que ça... Il reste toujours sur les taillis des mûres noires et juteuses, des noisettes croquantes, des myrtilles acides. Et puis tellement nombreux sont les vergers abandonnés au fond des combes, où de vieux arbres fruitiers décharnés tendent au marcheur leurs pauvres fruits. C'est vrai qu'ils n'ont pas fière allure, que leurs pommes sont bien piquées, que dame guêpe y est venue quelquefois grignoter son déjeuner, que les figues sont moins jolies que sur les catalogues de pépiniéristes. Mais ce sont des fruits comme les autres, un peu moins lisses et civilisés, c'est tout.
Seulement, ils ont un grand mérite, eux, ces modestes dons de la nature: ils sont là à portée de main, quand le randonneur a faim, alors que le rayon du supermarché où rutilent les rouges pommes venues d'Espagne est à 50 kilomètres de son estomac.
Bref, on n'a encore, de mémoire de randonneur, jamais trouvé de marcheur mort de faim sur les chemins de France depuis les temps de la Grande Peste. Mais il faut un minimum d'organisation, pour éviter de toujours dépendre d'aléas comme ceux évoqués plus tôt. Je veux avoir devant moi plusieurs jours de ravitaillement, et être absolument sûr, à la fin de la période, de trouver une épicerie, une boulangerie, une charcuterie, afin d'y prendre à nouveau de quoi brouter pour les jours suivants. Voilà pourquoi un âne m'accompagne, qui portera ma pitance, et se nourrira tout seul de l'herbe du chemin.
Et puis il y a ma veuze, puisque tel est le nom de la cornemuse de Vendée. Là aussi, c'est un kilo supplémentaire sur les reins du pauvre âne, mais un kilo qui me permet de sonner mes airs favoris sur toutes les collines de Navarre et de Castille. Pourvu que saint Jacques aime le son de la cornemuse, sinon, il n'est pas près d'exaucer mes voeux, le bougre... Et pourvu que mon âne ne prenne pas le son du biniou pour l'appel de la femelle en chaleur. Quoique, mon bourricot étant castré, ce genre de provocations ne soit plus vraiment son souci...

Les qualités que je recherchais pour la bête se dessinaient au fur et à mesure des lectures et des conseils que je glanais de-ci de-là. Il me fallait si possible un âne adulte, très doux, mais courageux. Or la plupart des ânes sont aujourd'hui des animaux de compagnie, très heureux dans leur pré, et qui n'ont pas du tout envie de se transformer en sherpas. S'il était possible, je voulais un âne qui n'ait pas peur de l'eau, parce des ruisseaux, il en coule des centaines sur le chemin de Saint Jacques. Il serait bon aussi que l'âne ait l'habitude du bruit et des hommes, afin de ne pas partir au grand galop en voyant arriver face à lui sur une route son premier camion. Je voulais aussi un animal rustique, parce que si le patron couchait sous la tente, lui, il dormirait dehors à toutes les altitudes, sous tous les climats, et par tous les temps. Il me fallait donc trouver la bourrique à cinq pattes...
Après de nombreuses recherches, j'ai fait la connaissance de Jacky Davazé, qui possédait une asinerie à Villavard, près de Vendôme, et qui s'est occupé jusqu'en 1998 du parc "Le Fou de l'Âne", à Amboise. Il m'a accueilli deux jours dans son petit paradis tourangeau, et j'ai rencontré un âne qui semblait correspondre à ce que je recherais. C'est une jolie petite bête, mâle castré de six ans, donc adulte, à la robe marron, trapu et très musclé. Sa hauteur au garrot est de 1,22 mètres. Son dos est très large, sans colonne vertébale proéminente. Je l'ai baptisé "Ferdinand", du nom d'un célèbre roi d'Aragon.
Je dois avouer qu'au soir du premier jour, j'ai eu vraiment envie, mais alors très envie d'acheter une mobylette... Le premier essai de promenade a été fait avec un simple licol, sans mors. J'ai pu mener ma bourrique à peu près correnctement pendant un kilomètre, en tenant très serré le cuir du licol, lui parlant doucement. L'âne marchait bien, aussi vite que moi, certaines fois même plus rapidement. Et puis, en un dixième de seconde, profitant sans doute d'un moment d'inattention de ma part au cours duquel j'avais un peu relâche la traction sur le licol, le bourricot est parti au grand galop sur le chemin. Il m'a été totalement impossible de le rattraper. L'animal, l'air innocent, broutait l'herbe du sentier, me laissait approcher à dix mètres, puis repartait un peu plus loin d'un trot léger. J'imaginais la scène au fond de l'Aubrac, le pèlerin tout seul, la bête avec le ravitaillement et la guitoune sur son dos, l'orage menaçant, et Monsieur mon âne refusant de se laisser approcher.... Peu à peu, tout en broutant, la bourrique est revenue à l'écurie voir ses copains.
Le lendemain, nous avons équipé l'animal d'un mors, dans lequel passait la longe au sortir de l'anneau du licol, longe que je tenais très serrée, au ras du museau. A la moindre velléité de parti ou de faire demi-tour, je tirais sur la longe, et contrôlais ainsi la tête de l'animal. Quelques jurons bien sonnés dans les oreilles, un coup de baguette sur la comprendre lequel des deux devait commander l'autre. Cette deuxième journée s'est donc nettement mieux passée que la première. Il me semble toutefois que l'âne n'est pas vraiment enthousiaste à l'idée de partir en pèlerinage à Compostelle et de quitter ses compagnons de prairie.

Cependant, il faut avouer que c'est une bête très douce, qui à aucun moment n'a cherché à botter des sabots ou à mordre. Elle est encore un peu craintive, car elle n'a jamais travaillé en portage ni en attelage, ni vraiment à l'extérieur d'une ferme, sur une route ou une place de village. Lorsqu'arrive par l'arrière une moto ou une voiture, on la sent anxieuse, et il faut lui parler doucement pour la rassurer, en lui tenant la tête fermement pour l'empêcher de s'échapper.
Ce n'est pas vraiment le coup de foudre entre nous, mais j'aime bien cette petite bête. l'éleveur m'en demande 5.000 francs (760 €), ce qui est, semble-t-il, le prix normal pour un âne adulte de cette constitution, sachant que l'opération de castration de l'animal a déjà coûté presque 1.000 francs (150 €).
Restait à résoudre le problème des fers. Il existait deux écoles. L'une prétendait qu'il fallait impérativement mettre des fers aux ânes lors d'une longue marche. L'autre école avançait que cela ne servait à rien. Guy Duffroy, lors de son périple de neuf mois, avait dû faire poser des fers à sa bête quelques semaines après le départ. Guy Bonhoure, lui n'en avait jamais eu besoin. Tout en ne connaissant pas grand chose au problème du ferrage des animaux de bât, je me rappelais mon jeune âge, époque où l'on ferrait encore les chaussures. Cette détestable coutume, heureusement tombée en désuétude, donnait des résultants contradictoires: la semelle de chaussure des chenapans coureurs de chams que nous étions s'usait moins vite, c'est vrai. Mais le fond ou les genoux du pantalon, eux, s'effilochaient très rapidement, car on n'a rien inventé de mieux pour se casser la figure qu'une chaussure ferrée, surtout sur des rochers légèrement humides. Et je pense, peut-être un peu naïvement, que sur un sentier de montagne, là où un sabot rugueux accroche, un fer va glisser, avec le risque que l'animal se blesse. Pourquoi d'ailleurs n'existe-t-il pas des fers en caoutchouc dur? Les automobiles en ont bien... Enconclusion de ce débat, je décide de ne pas ferrer l'animal au départ. Nous verrons bien, plus tard, si la chose se révèle nécessaire.

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