J'avais lu à plusieurs reprises que l'importation de tout équidé était interdite de l'Espagne vers la France, en raison d'une épidémie de peste équine, qui sévissait sur la péninsule ibérique. Je ne connais absolument pas cette maladie, mais je ne souhaitais certes pas que mon âne en fût atteint par ma faute. Et je ne pouvais décedemment pas laisser mon bourricot terminer sa vie dans la chaleur de Castille. J'ai donc pris contact avec les services vétérinaires de la Direction Départementale de l'Agriculture. A mon grand soulagement, ceux-ci m'ont appris que la limite nord de la cone contaminée se situait à la latitude de Madrid, soit largement au sud de mon trajet. Ouf...! Maître Cadichon pourrait retrouver ses herbages favoris sous le ciel de Vendée.
Il est d'alleurs assez curieux qu'au 1er janvier 1993 ait été totalement libérée la circulation des personnes dans l'Union Européenne. Et qu'on ne demande pas à Monsieur Dupont, se rendant de Copenhague à syphilis, et s'il a bien été vacciné contre la fièvre jaune et la rougeole. Alors qu'il peut contaminer très rapidement son proche entourage s'il est atteint d'une ou plusieurs maladies à la mode. Par contre, un âne européen n'a pas les mêmes droits. Il lui faut prouver qu'il est bien indemme d'un tas d'affections pour pouvoir voyager librement.
Je dois emporter, afin de prouver la bonne santé de mon compagnon, un document établi par un vétérinaire, en langue française et en langue castillane, qui certifie que mon âne est vacciné contre la grippe équine, la rage et le tétanos, puis je dois faire authentifier ce document en le faisant tamponner par les services vétérinaires d Département. Insurmontable problème: ce document est valable dix jours seulement. Or il me faut cinq semaines pour aller de l'Auvergne aux Pyrénées. Lorsque j'atteindrai la frontière ibérique, mon papier n'aura donc plus aucune valeur, et n'importe quel galonné de la Guardia Civil pourra renvoyer mon âne vers le nord. Il faut donc que je rencontre un vétérinaire quelques jours avant de passer la frontière, qui examinera ma bestiole, remplia le certificat, puis que j'envoie le document à la Direction de l'Agriculture à Pau, en les priant respecteusement de bien vouloir tamponner fissa, et de me renvoyer le papier en poste restante à Saint-Jean-Pied-de-Port, où je passerai le quérir au guichet. Et les choses de la poisse étant ce qu'elles sont habituellement, il y a tout à parier que personne ne me demandera jamais ce papier, alors que si je ne le possède pas, il me sera exigé à tous les croisements de chemins.
Par sécurité, avant de partir, j'ai personnellement pris contact par téléphone avec la femme chargée des exportations de viande sur pied vers l'Ibérie dans la bonne ville de au, me suis présenté, et lui ai raconté mon histoire. Ainsi, elle ne sera pas surprise de mon courrier avant de passer la frontière, et j'aurai mon tampon das les délais les plus brefs. Services Vétérinaires de Pau, qui a eu la gentillesse de s'occuper de mon problème en priorité. A la poste de Saint-Jean-Pied-de-Port m'attendait bien l'enveloppe portant le précieux tampon.
Au retour, c'est la même chose. Je ne suis pas censé pénétrer sur le terrotoire national avec une bourrique qui a pris l'accent galicien et brouté tous les virus de l'Espagne Très Catholique. Les règlements européens prévoient que je dois faire examiner mon âne par un toubib espagnol, puis faire tamponner la feuille d'examen par un bureaucrate des services vétérinaire ibériques, afin de la présenter, éventuellement, lors d'une vérification en France. Mais cette procédure est faire essentiellement pour souvent afin que la barbaque que nous consommons soit exempte de bastioles indésirables. Le brave fonctionnaire français que j'ai eu au téléphone m'a fait comprendre à demi-mots que la frontière étant désormais ouverte, personne ne m'empêcherait de rentrer en France avec mon âne, surtout s'il n'est pas destiné à la fabrication de saucisson.
La seule question que je pose, vu qu'il n'y a plus de contrôle à la frontière, et que de surcroît le sentier traverse ladite frontière en pleine montagne, c'est comment et à qui je vais pouvoir présenter les papiers de mon âne. Bof!... Il sera bien temps d'aviser en attaquant le port de document, eh bien je n'en présenterai pas. La peine de mort étant abolie en Hispanie avec une bonne engueulade dans un bureau de la Guardia question, dans cinquante ans, tout le monde s'en foutra complètement, et que mon brave âne, lui, s'en moque déjà éperdument.
Finalement, la Guardia Civil verra circuler mon âne des centaines de fois, sans jamais me poser aucune question, ni exiger aucun papier. Chaque gendarme pensant sans doute que si j'étais là, c'est que les autres auparavant avaient fait leur travail, et que j'étais donc en règle.
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