Mittwoch, 4. Februar 2009

Der Esel: zehnter Tag

Echangerais âne contre mobylette, même en mauvais état. Ce soir, j'ai vraiment envie de manger du saucisson d'âne. Ferdinand a été odieux. Il a commencé par vouloir prendre un train de sénateur. Monsieur souhaitait effectuer sa promenade digestive à tout petits pas. Après plusieurs menaces, et de nobreux "Aïe" vigoureux pour le faire avancer, j'ai fini par lui fouetter la croupe en commettant l'erreur de tenir la longe trop large. Ferdinand est parti immédiatement au galop, m'arrachant la longe des mains. Ensuite, la bestiole s'est maintenue à trente mètres au devant de moi, trottinant immédiatement dès que je m'appprochais trop. La plaisanterie durait depuis un bon quart d'heure lorsque le chemin a débouché sur une petite route.
Par bonheur, un automobiliste, ayant l'habitude des chevaux, l'a doublé doucement, et l'a coincé. Ferdinand s'est laissé attraper sans plus résister. Par trois fois, au cours de cette promenade d'une quinzaine de kilomètres, la bourrique tente de m'échapper de nouveau. Mais je le tiens fermement serré au licol et parviens finalement à le stopper. Je lui remets alors le mors en bouche, et passe la longe dans les anneaux du mors, afin de mieux le maîtriser.
Pour mon grand malheur, alors que je le pensais revenu à de meilleurs sentiments, nous voici longeant un prè où paissent de nombreux chevaux. Excités par la présence de l'âne, ceux-ci se mettent à courir le long de la haie. Il n'en faut pas plus pour rendre mon Ferdinand compètement fou. Il part au triple galop et je n'ai que le temps de m'accrocher à son cou, bien décidé à ne pas le lâcher. Je sens ses pattes qui font des bonds derrière moi, et je ne suis pas très fier... Dernière arme, que je n'emploie qu'avec gêne, je lui martèle le museau de vigoureux coup de poings. Dans le même temps, je tire sur la longe de ma main gauche, ce qui tend le mors dans sa gueule, et l'oblige à tourner la tête sur la moins bien, commence à courir en crabe, et est obligé de ralentir son allure. Je parviens alors à le calmer dès que nous avons depassé le pré aux chevaux. Je devrai à l'avenir me méfier de ce genre de pièges.
Le reste de la promenade est un plaisir. Ayant sans doute compris qui était le patron dans l'équipe, Ferdinand me suit alors sans broncher, et conserve tout le long du chemin une belle allure, sans chercher à faire son intéressant et sans demander une seule fois à brouter. Décidé à profiter de mon avantage, je décide que ce soir, de gré ou de force, il me donnera ses sabots afin que je les lui nettoie.
Je décide... et Monsieur recommence son sale caractère. Les sabots avant ne posent aucun problème. Quand aux postérieurs, rien à faire. Il me les refuse et botte sur le côté. J'entreprends alors la ruse et la flatterie. Passant mon étrille doucement sur tout son corps, ce qu'il aime beaucoup, je m'approche subrepticement de la patte arrière, descends le long du jarret, et... Ferdinand me donne son sabot... Je fais le même cinéma de l'autre côté pour l'autre patte. Ça se passe plutôt mal. Alors je luidonne une nouvelle série de coups sur le museau, ponctuée de vigoureux jurons, et reprends le brossage jusqu'à ce que j'obtienne sa patte. Il est des jours où une bonne sieste éviterait tous ces problèmes...
J'ai quelques scrupules à brutaliser mon animal, mais les récits de mes prédécesseurs effacent un peu de ma culpabilité. Les coups que je lui assène ne sont que des caresses comparés aux coups que se donnent les âne entre eux. Il faut absolument que Ferdinand comprenne qui est le maître, et qu'il n'aura jamais raison contre moi. Alors, paraît-il, il deviendra doux comme un agneau et respectera les règles du jeu. Acceptons-en l'augure. Pour l'instant, j'ai tout l'impression qu'il me teste, et recherche mes points faibles.
Compte-tenu de cette indiscipline caractérisée, je marcherai, dans les premières semaines de la randonnée, en tenant la longe bien serrée dans la main, et laisserai le mors dans la gueule de l'animal jusqu'a ce qu'il devienne raisonnable. Par la suite, Ferdinand marchera tout seul, la bride sur l'encolure, me suivant comme un petit chien, et la randonnée deviendra un véritable plaisir.

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