Je dois fabriquer à ma bourrique une nouvelle longe. Lors d'une de ses dernières échappées, il a en effet posé son sabot sur la corde et l'a complètement effilochée. J'ai donc acheté dans une voilerie un bon cordage de marine de 8 millimètres, en matière synthétique, mais doux au toucher. L'extrémité qui va au cou de l'animal est attachée à l'anneau du licol par un bousqueton. Ordinairement, l'autre extrémite de la corde est libre et ne comporte aucun dispositif martiqulier. Elle sert simplement à accrocher la bête à une branche ou un piquet lorsqu'on fait une halte. Mais je m'énerve à faire un noeud, toujours compliqué, que l'âne parvient quelquefois à défaire, le rusé, en détendant habilement la corde. Alors j'ai posé un mousqueton à cette extrémité libre, et un anneau à cinquante centimètres du bout. Ainsi, lorsque je souhaite attacher l'animal, je passe simplement la longe autour de l'obstacle, et accroche le mousqueton dans l'anneau. Ô simplicité des inventions initiées par la flemme!
Peu avant le départ pour la grande aventure est revenue le vétérinaire pour le rappel de vaccins. Ferdinand a immédiatement reconnu le poignadeur qui l'avait piqué auparavant. Rien n'a pu le calmer. Ce n'est qu'acculé dans un coin du champ, coincé au bout de sa chaîne, qu'il a subi le supplice de la petite aiguille, pour repartir au triple galop dès la pointe enfoncée. Colérique et fâché, mais vacciné...
Fort de toutes ces expériences, je décrète que mon âne est bon pour le service, et le nomme âne-pèlerin de seconde classe, faisant fonction de porte-faix.
Quand à moi, j'ai encore beaucoup à apprendre avant d'être un ânier confirmé...
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