Diverses expérience traumatisantes, ce jour, pour mon ami aux logues oreilles. D'abord le bât. Pour la première fois, j'ai installé sur son dos le porte-bagages. Les lectures de mes prédécesseurs en sonduite asine m'avaient donné la mesure de ce qu'il fallait faire et ne pas faire. Tout en sachant que celui qui lirait cet ouvrage en apprendrait encore un peu plus sur ce qu'il ne faut pas faire...
Au début de son éducation, un âne supporte un barda sur le dos, à la condition que vous soyez bien près de lui, pour lui rappeler sans cesse qu'il faut le porter. Sinon, il va inventer les pires bêtises pour se débarrasser du chargement. Il peut gonfler sa panse au moment de serrer les courroies: dix mètres après le départ, l'ensemble du bagage va alors se retourner et se vautrer dans la flaque d'eau qui se trouvait là par hasard. Ou bien la bête va vouloir se rouler par terre et se frotter le dos, mais en oubliant qu'elle est encore chargée. Ou encore il va faire des cabrioles au risque de transformer en purée tout le contenu des sacoches...
Lorsque je suis arrivé avec le bât, j'ai fait semblant de m'y connaître, mais en réalité, j'ai eu quelque peine à démêler ce noeud de vipères de courroies de cuir. Une des courroies doit passer sous la queue... Facile à dire. Il faut soulever la queue de Ferdinand et y passer délicatement la sangle. Il me semble que Monsieur n'aime pas que l'on touche son appendice caudal, question de fierté, sans doute, ou laors de pudeur...
On ne peut pas dire que ce fût de la part de mon âne le grand enthousiasme. Sans rejeter vraiment le harnachement, il tirait sur sa longe avec l'envie bien arrêtée de brouter sans sacoches. Il m'a naturellement fait le coup de la panse gonflée, tant et si bien que je pouvais à peine serrer les courroies qui passent sous son ventre. Après quelques mètres de marche, lesdites courroies pendaient lamentablement. J'ai alors profité d'une séance de broutage pour resserrer rapidement les deux boucles. Après l'avoir déchargé,je lui ai offert une bonne séance de grattage à l'étrille afin de lui masser le dos. Ça, ma bourrique aime bien...
La seconde expérience du jour fut le vermifuge conseillé par le vétérinaire. C'est un produit pâteux, à la consistance de dentifrice, qu'on doir injecter à la commissure des lèvres avec une seringue. La pauvre bête s'est retrouvée soudain avec la gueule pleine de chewing-gum, au goût certainement horrible si j'interprète ses mimiques. A peine le produit dans la bouche, Ferdinand s'est précipité sur une surface d'herbe afin de frotter ses muqueuses sur un véritable aliment à la saveur naturelle. Je suis certain que mon âne m'en veut terriblement, ce soir...
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