Ferdinand a proviqué la peur de ma vie. Après une journée passée à lui clôturer un joli terrain semi-boisé, j'ai détaché l'âne de sa chaîne, afin qu'il prenne un peu d'exercice. Lorsque j'ai voulu l'approcher de nouveau, il est parti au triple galop, a passé la tête sous le barbelé et l'a franchi comme s'il s'agissait d'une vulgaire ficelle. Il a d'abord traversé le potager de mon voisin, heureusement sans brouter ses choux magnifiques, escaladé un talus, bousculé les ronces, et s'est retrouvé à gambader sur la route vicinale, au moment précis où le club de véhicules 4X4 de la ville voisine organisait son rally nocturne dans notre campagne. Pour une fois que ma bourrique décidait de vivre sa vie de célibataire, il fallait qu'elle choisît ce soir-là, où toutes les Toyota et Land-Rover du département sillonaient les chemins environnants.
La nuit était tombée, et la rencontre avec les pilotes fût finalement notre chance. Ferdinand, repéré par eux grâce à la C.B., a été rapidement localisé. Coincé entre des monstres vrombissants, tous phares allumés, il s'est finalement rendu, en sueur, puis a réintégré son ermitage sans broncher. Nous lui courions après depuis une heure... Cette balade m'aura au moins appris que Ferdinand n'a peur de rien. Les fossés les plus profonds ou les buissons les plus denses ne l'effraient absolument pas. Il n'aura pas intérêt à faire le difficile au cours de notre marche. Sinon, je lui rappellerai très fort le souvenir de son escapade nocturne.
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