Mittwoch, 4. Februar 2009

Übersicht Le Puy en Velay bis Saint-Chély-d'Aubrac

Eine Gesamtübersicht der Strecke in Frankreich gibt es auf www.chemindecomostelle.fr, der beliebteste Reiseführer ist der miam-miam-dodo, der vom selben Autor geschrieben wurde und inzwischen auch auf deutsch erhältlich ist.

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Die hier abgebildete Karte ist die Etappe von einer Woche. Google maps kann nicht den Jakobsweg abbilden, die Karte dient nur zur Orientierung zur An- und Abreise!



Je fais donc mon entrée dans la bonne cité du Puy, sous l'averse qui ne cessera point, dépassé par les camions qui nous envoient toutes leurs bénédictions huileuses. Heureusement, la cape rouge me pròtege le haut du corps, et me signale aux chauffeurs. Le bas du pantalon et les chaussures ne sont plus qu'un marécage. Ferdinand se conduit à peu près bien, malgré les trombes d'eau et le bruit des poids-lourds.
Nous quittons l'asphalte pour marcher sur les pavés de basalte de la vieille ville. Regard anxieux de Ferdinand: n'ayant jamais vu un pavé de sa vie, il scrute et renifle avec circonspection ces étranges choses noires, rondes et luisantes de pluie. Puis il y pose un pied, doucement, fait porter son poids, marque un temps d'arrêt, réfléchit. C'est bon, ça n'enfonce pas, ça semble aussi dur que du goudron. Et mon âne d'avancer, définitivement rassuré sur la solidité du revêtement...
Nous attaquons ensemble la rue qui escalade la colline vers la cathédrale. Le fauve marque soudain une hésitation en cesse de marcher. Il regarde fixement une échoppe et lance au ciel plombé les premières notes d'une mélopée sauvage. Je regarde dans la même direction et comprends: Ferdinand aperçoit son image dans la vitrine, et salue en son langage ce compagnon inconnu, lui aussi tout bâté, tout chargé...
Enfin, après quelques minutes de marche, nous voici à l'abri sous le porche de la basilique. Gilles et Roseline m'attendent. Ils ont fait les 600 kilomètres depuis la Vendée pour sonner le départ du pèlerin suivant l'antique tradition. Les veuzes sortent des étuis, et résonnent les airs de quelques marches atlantiques sous les voûtes séculaires. Quelques photos immortalisent ce départ humide. Et dans ma tête reste l'écho de cette musique qui va m'accompagner tout au long du chemin. Les cornemuses de Vendée ont chanté le départ, et, si saint Jacques le veut bien, les gaïtas de Galice sonneront l'arrivée dans dix semaines.
Je fais, seul, le tour de la cathédrale, et me recueille quelques instants devant la Vierge Noire, demandant assistance et protection pour ma petite bourrique et son maître. J'allume un cierge devant la statue de saint Jacques, en l'escroquant légèrement, car je ne dispose pas de petite monnaie pour déposer les quatre francs demandés.
Mais il est temps de partir, je n'ai que trop tardé, et la route est longue encore. Je prends la longe de Ferdinand et attaque l'Auvergne d'un pas alerte et guilleret. Empli de l'émotion du départ, je m'apercevrai à la fin du jour que j'ai totalement oublié de faire tamponner ma carte de pèlerin avec le sceau de la basilique du Puy.

Une voiture s'arrête à ma hauteur, et la conductrice, une jeune femme, me demande si j'ai besoin d'aide, ou d'un hébergement pour ce soir. Sa mère de 67 ans a fait le chemin de Compostelle un an plut tôt, et elle souhaite rendre à sa manière aux autres pèlerins les marques de gentillesse que cette dame âgée a reçues tout au long de sa route. Attitude symphatique et chaleureuse, merveilleuse chaîne d'amitié qui ne s'est jamais interrompue depuis dix siècles entre pèlerins et riverains. Je sais que je ne ferai pas une grande étape aujourd'hui, au vu de l'heure qui s'avance, et compte-tenu des bontés que le ciel me prodigue.
Ma bienfaitrice propose alors de téléphoner au gîte d'étape de Montbonnet, situé à 18 kilomètres, pour prévenir de mon arrivée. Elle revient quelques minutes plus tard, me signifier que tout est arrangé. Me voici pour ce soir à l'abri de la tempête, si toutefois j'atteins le gîte...
Je me retourne une dernière fois vers la cathédrale, dont les flèches, là-haut, chatouillent les nuages. Cette antique église, perchée sur son aiguille volcanique, semble m'indiquer le chemin: "Là-bas, vers l'ouest, vers le couchant, à 2.000 kilomètres il est une autre église, et tu dois t'y rendre... et à pied, bougre de fainéant". Inutile de discuter avec une cathédrale, elle finit toujours par avoir raison.
Un dernier regard, et route-pêche, comme disent les marins de chez nous. Résignée, ma bourrique suit au bout de sa longe. Elle semble accepter à l'avance ce Datei 7 sacrifice, seul être raisonnable dans l'équipage, rêvant peut- être d'une écurie bien chaude et d'une montagne de foin... Ou bien, qui sait, re réjouit-elle de cette promenade qui va la changer des prés bardés de barbelés... Saura-t-on jamais ce qui se passe dans la tête de nos amis les animaux?
Mon équipement est au compet, je suis à peu près certain de ne rien avoir oublié. Je n'ai donc plus qu'à profiter du paysage, et à mettre un pied devant l'autre, légèrement décalé pour éviter dem e casser la figure à chaque pas. Si la guerre n'éclate pas entre l'Espagne et la France, je devrais apercevoir sous cinq semaines la frontière d'hispanie, et il n'y a aucune raison que je ne sois pas à Compostelle à la fin-juin.
Les premiers pas sont faits d'inconscience. Je ne me rends absolument pas compte de l'épreuve qui m'attend, ni même si ce sera vraiment une épreuve, sur le plan physique ou moral. J'ai cette impression étrange, en foulant les pavés de la vieille ville, d'être dans les pas des millions de gens qui m'ont précédé sur ce chemin. Ces précences me rassurent. Ils l'ont fait... Pourquoi pas moi?

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