Mittwoch, 4. Februar 2009

Der Esel: vierter Tag

Aujourd'hui, c'est dimanche, et Monsieur Ferdinand annonce une flemme dominicale. Durant le premier kilomètre, il s'arrête tous les cinquante mètres, respire l'air du temps, et semble indiquer qu'il est bien scandaleux de vouloir faire marcher une créature du Bon Dieu le jour du Seigneur. Il lui faut une bonne tape sur le croupion pour qu'il comprenne que le but du jeu est d'avancer. Et pourtant, ce jour-ci, il fait un progrès spectaculaire: il franchit quasiment sans hésiter le ruisseau qu'il a refusé le premier jour. Il s'aproche de l'eau, la renifle, en boit une goulée, puis passe l'obstacle. J'ai avec moi une provision de sucre pour le récompenser de ses progrès. Lorsqu'une flaque d'eau est importante, je le laisse passer à côté pour qu'il continue sur son élan sans s'arreter, et je passe avec mes bottes bien au milieu, en éclaboussant partout et en faisant le plus de bruit possible, afin qu'il se rende compte de l'absence de danger.
De temps à autre, sans raison apparente pour moi, Ferdinand s'arrête, fait un tour d'horizon, et repart. Ces petites haltes durent une dizaine de secondes. On a tout à fait l'impression que Monsieur fait sa petite promenade, et condescend à ce que je l'accompagne. Ou peut-être se repose-t-il simplement comme tout marcheur le fait. Quelquefois, je comprends l'objet de son arrêt, en suivant la direction de son regard: ce peut être un chien au loin, ou bien une vache qui broute à l'extrémité d'un pré, ou encore un corbeau qui piqore à cent mètres sur le chemin. Je lui demande alors ce qui l'intrigue, lui parle doucement, et il repart tranquillement. Lorsqu'il marche, le mouvement de ses oreilles est assez comique. Elles s'agitent en permanence, tels deux radars, vers l'avant, ou vers l'arrière. Il est à l'écoute du moindre bruit, et perçoit certainement bien des sons que nous ne pouvons entendre.

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